27 mai 2007
Start Over
Tout va de travers
Prise de conscience lors d'un anniversaire,
le plus court anniversaire de ma vie.
Il n'est pas question de continuer dans cette direction.
Et on commence par faire une pause par ici
....
16 mai 2007
It's showtime [folks]
Allez!
On éteint la webcam, on se déconnecte de msn (ce serait tellement plus simple si vous n'habitiez pas tous à Lille...)
On arrête de manger, de dormir,
On recommence à faire quotidiennement l'ouverture et la fermeture de Beaubourg,
On n'écoute plus que de la musique instrumentale,
On ne voit plus sa mère qu'une ou deux fois par semaine,
On ignore ce qui se passe dans le monde, et même le cauchemar dans lequel vient d'entrer notre pays,
On ferme La République de Platon,
On arrête de penser à cet été; qui va partir à Lille, qui va monter à Paris, qui va dormir chez qui, qui vient pour Rock en Seine (d'ailleurs comment est-on passés de 5 à 0?)
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Bienvenue en période de partiels!
Retour à la réalité prévu pour le 8 juin à 18h00...
11 mai 2007
Desired constellation
C'est drôle comment la vie continue. On fait comme si de rien était, on préfère ne pas y penser.
Il y a deux semaines, elle était "dans les nuages" selon sa propre expression, folle amoureuse, prête à abandonner son été à l'étranger pour lui. Aujourd'hui, elle ne pense plus qu'aux partiels, pour oublier et évite surtout de nous en parler.
Beaubourg était devenu ce lieu étrange et angoissant, associé aux dernières images entrevues avant de perdre connaissance, quelques semaines plus tôt, cette file qui avançait et moi non, ces touristes italiens qui s'étaient trompés d'entrée, l'envie de voir Nan' qui occupait mes pensées.
Il était prêt à la quitter, à la mettre à la porte de chez lui, moi ça m'angoissait, j'avais envie de la voir une dernière fois, maintenant qu'elle avait 24 ans et qu'on s'étaient connues quand elle en avait 20 et moi 16. Maintenant, ils pensent à un bébé, drôle d'évolution.
Elle était presque devenue une inconnue, à force de me dire qu'on se verrait le lendemain alors qu'on ne se voyait jamais, d'entendre à la fac les rumeurs "elle a arrêté c'est sûr", alors que moi je savais qu'elle faisait tout pour rester à niveau sans venir en cours.
Et le parc des Buttes Chaumonts était magnifiquement illuminé. Pas un coin d'herbe n'échappait aux rayons du soleil. Je voulais y manger des feuilles de vigne, pour oublier la veille au soir.
Et moi à ce moment là, je pensais à tout ça. J'observais tout ça. Je m'observais moi-même. Je me sentais bien seule d'un coup. Elle n'était plus là, il allait partir, et lui, surtout lui, aussi. Je me sentais hors de ma vie, Coc' me manquait terriblement, ma vie me manquait terriblement.
J'ai pensé à tout ça ce matin en descendant à Saint Lazare tout doucement avec lui. Il faisait gris, j'adorais ça, j'espérais de la pluie. Je ne faisais pas trop attention à lui pour être honnête, mais il avait voulu qu'on se balade un peu, parce que c'est vrai qu'on ne s'était pas vu depuis longtemps.
Et puis il y a eu cette scène très cinématographique, très clichée, trop clichée. Lui et moi près à traverser la rue, mon pantalon de lin noir qui me semblait bien léger d'un coup, moi qui essayais de garder mes cheveux en forme alors qu'il m'observait. Le regard se faisant persistant, je me tournais vers lui pour lui sourire et lui qui me dit d'un coup, sorti de nulle part "tu es très jolie".
Je me souviens avoir été étonnée, l'avoir regardé et avoir souri sur le coup comme pour dire merci et puis l'instant d'après avoir pensé que ce qu'il voulait dire c'est "tu es très jolie aujourd'hui", pour me dire qu'il trouvait ça bien que je dorme et que je fasse attention à moi en ce moment, les réflexions qu'on se fait entre amis.
Et puis on a continué notre route vers la fnac. Sans parler. C'était bon et je me suis demandé ce que ça pourrait donner, si ce serait aussi bon que cet instant et si...si c'était possible...
...possible, en ces jours étranges, de s'abandonner à quoique ce soit d'autre que le désespoir.
Je lui ai demandé, à elle, cette après-midi. Et avec ses 35 ans de sagesse, elle m'a répondu "bien sûr que oui on peut s'abandonner à autre chose que le désespoir. Et non seulement on peut mais on doit, on ne va pas pleurer 5 ans. Surtout toi, du haut de tes 20 ans méli".
Alors moi je dis, abandonnons-nous à l'amour. Parce qu'apparement, il existe encore, malgré l'horreur. Et malgré l'horreur, des gens s'y abandonnent tous les jours, histoire de l'oublier justement l'horreur. Alors...pourquoi ne pas s'y essayer?
10 mai 2007
Si j'étais morte le 6 mai...
Sachez maintenant que des étudiants manifestant pacifiquement au casier judiciaire vierge sont passibles de 4 MOIS DE PRISON FERME.
Prenez un instant pour contempler le formidable retour en arrière que notre pays vient d'amorçer. Concrétement, le droit de manifester vient d'être aboli par notre nouveau roi.
Donc....au choix, soit on se révolte et on finit en prison, soit on se tait et on le laisse tout faire.
Les gens se rendent-ils comptent de ce dans quoi l'on vient d'entrer?
La mode fut pendant un temps de diaboliser notre nouveau président. Mais pas besoin de le diaboliser, la réalité est déjà bien triste. [je vous rappele que la liberté d'expression est un fléau, préparez-vous à fermer vos blogs]
Je n'ai jamais connu tel échec. Même alors que je m'y attendais, je ne m'en remet toujours pas.
Et je vais à la fac et je vois ces filles rayonnantes, parlant de leur dernier shopping, leur dernière soirée avec leur amoureux, leur dernier fou rire...et je me demande mais comment est-ce possible?
Je n'ai plus foi en rien, ni en mon pays, ni en mon avenir (après tout, ma licence va être supprimée...)...
Ah! J'oubliais presque! Attendez-vous à voir des prisons fleurir dans vos campagnes, ce sont les logements sociaux de l'avenir...
08 mai 2007
Le roi est mort, vive le roi!
Notre nouveau président pense que:
-"malheureusement, la liberté d'expression est nécessaire"
-Il n'y a pas de raison de payer les études de 5000 étudiants de lettres s'il y a 5 places au bout
-Un système égalitaire ne peut exister donc ce n'est pas la peine d'essayer d'en créer un
J'espère que vous avez tous de bonnes chaussures de marche et que vos yeux supportent le gaz lacrymogène parce que le combat ne fait que COMMENCER.
Mr Sarkozy, la réforme du système universitaire : NOT HAPPENING.
04 mai 2007
In that ocean of dead lights
C'est troublant, dérangeant mais on ne peut pas dire que ça nous pose problème.
Ce n'est pas une danse, mais ce n'est pas un ciné non plus, c'est plutôt un resto.
Où est-ce que je me situe moi dans tout ça? Est-ce que ça en vaut la peine?
Attendre n'a jamais été mon fort mais me précipiter ne m'a jamais réussi.
Restons dans le paradoxe et dans la métaphore car ce qui se passe là, il ne vaut mieux pas mettre des mots dessus, ça ne nous ressemblerait pas.
Mais quand même....vivement un certain mois.
