20 juin 2007
And for a minute there, I lost myself.
Cela fait aujourd'hui très exactement un an que je vis à Paris.
Changer de ville ne veut pas dire changer de vie. Différente ville, déceptions identiques.
Vivre autant et si peu à la fois, encore une fois, ça devient rageant, ça devient lassant, ça devient décourageant, oui réellement décourageant.
Et maintenant, ils disent que j'ai perdu mes illusions, mes idéaux, que je suis désabusée et pessimiste alors que je ne vois que le réalisme le plus pur.
Je ne supporte plus les "mais non...." hypocrites et automatiques, aucune de mes phrases n'attend cette réponse, aucune de mes phrases n'attend aucune réponse, je ne fais qu'énoncer des vérités.
Je n'attend plus rien, c'est vrai, et puis?
C'est ce genre de phrase qui prononcée à voix haute aurait droit à un "Mais non enfin...". C'est d'autant plus drôle quand les gens répondent cela sans avoir la moindre idée de ce qui pousse quelqu'un à raisonner de cette façon.
Encore une fois, il n'y a rien de dramatique dans tout cela, moi je n'y vois rien de dramatique.
Mes amis ne me connaissent pas, mais ils continuent de prétendre que c'est le cas. Ont-ils jamais été mes amis? Il...me connaissait, c'est le seul à avoir réellement pris la peine de me connaître comme moi je connais mes amis. Mais bien sûr, il est parti. Que reste-t-il d'une année entière? Quelques mails, quelques larmes retenues avec peine lors de l'adieu où l'on ne se regarde pas dans les yeux.
Au fond aucune nouvelle sensation, aucun fameux frisson électrique que l'on guettait étrangement. L'envie de faire l'amour sur radiohead comme toujours. Souvenirs de l'été 2004, du bleu de l'aube et de la chaleur dérangeante. "Les amours qui durent font les amants exsangues". Attendre quatre ans la même personne, ce n'est pas normal.
En voilà une d'année sur laquelle apposer R.A.S, en voilà une d'année à jeter, encore.
Commentaires
Tu sais Milou, je suis légèrement égoïste/possessive, coche la mention choisie. Tu as réellement changé mes deux ou trois derniers mois. En mieux. Qu'est-ce que je pourrais faire pour essayer de t'apporter ce que tu m'apportes ? (après l'égoïsme, la cour de récré, ça ne vole pas très haut). L'été arrive, tu auras peut-être des surprises.
Un bien triste bilan...
Tu viens d'où ?
Kenza...je t'ai déjà répondu mais...je me pose encore bien des questions...mais je t'enverrai ça par mail...
Prescillia, je viens de la ville de la pluie, de la grisaille, Lille...comme ça je ne me sens pas dépaysée à Paris.
Nostalgie ?
C'est vraiment ça la grande ville : ce sentiment permanent de fourmilière, l'anxiété ressentie de "se perdre" jour après jour et d'avoir tant de mal le soir à retrouver les pièces du puzzle de soi... Est-ce que Lille ne te semble pas plus familière ? Forcément... Tout ce que tu racontes sur Paris fait écho pour moi : j'y ai vécu sept (trop longues) années : pense aux concerts d'orgues gratuits du dimanche, à tout ce qui est "gratuit" et convivial, les flâneries au parc de Montsouris, à Valérie des Batignolles (lien chez moi), à l' "espace vital" intérieur et extérieur, à t'acheter un vélo, etc. etc.
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